La vérité sur les revenus passifs

Les revenus passifs sont un des grands thèmes récurrents des finances personnelles. Mais, ils sont aussi très souvent source de discorde et d’incompréhension. « Les revenus passifs, ça n’existe pas », pour certains, « Il faut chercher à ne développer que des revenus passifs » pour d’autres. Dans cet article, j’ai voulu raconter la vérité sur les revenus passifs. Non pas que cet article se targue de relater la vérité absolue, mais au moins de raconter le point de vue de quelqu’un qui possède quelques sources de revenus passives.

Qu’est-ce qu’un revenu passif ?

Tout d’abord, commençons par se mettre d’accord sur la définition :

« Un revenu passif est une forme de revenu qui représente un flux de trésorerie perçu sur une base continue qui demande un minimum ou aucun effort de suivi de la part de son bénéficiaire pour le maintenir. »

Wikipedia

Cette définition vient de Wikipedia, et je la reprends telle quel car je n’aurai pas pu mieux la formuler. Ce type de revenu se différencierait donc des revenus qu’on pourrait qualifier d' »actifs » comme un emploi de bureau (le fameux 9h/18h). Dans ce cas-là, l’action (ou à minima la présence, pour les plus glandeurs) d’un individu est nécessaire pour percevoir ce revenu.

Pourquoi les revenus passifs sont si importants dans le domaine des finances personnelles

Dans la mesure où ces revenus sont, d’une manière ou d’une autre, décorrélées du temps passées (activement) dessus, il est possible de cumuler plusieurs sources de revenus passives et donc de casser des plafonds de rémunération que le salariat seul (ou tout autre revenu actifs) ne pourrait pas permettre. On peut, également, souvent lire qu’il ne faut pas « échanger son temps contre de l’argent » parce que, croyez le ou non, le temps dans une journée est limité et on peut difficilement se couper en deux pour cumuler plusieurs emplois. Ce que les revenus passifs, eux, permettraient.

Le plafond de verre du salariat

Quel que soit le choix de carrière que vous faites, qu’il s’agisse du salariat ou d’être indépendant, comme libéral par exemple. Votre rémunération sera malheureusement capée. Un salarié qui commencerait à 1500 €/ mois, pourrait au cours de sa carrière avoir des augmentations, gravir des échelons etc. pour atteindre, hypothétiquement, en fin de carrière 2000, 3000, 4000 €/ mois. Mais, sa rémunération sera toujours dépendante de facteurs extérieurs (ancienneté, politique salariale, budgets de l’entreprise, etc.)

Le manque de temps des indépendants

De même que pour un indépendant, ou un commercial qui serait rémunéré à la performance, le salaire sera (dans quasiment tous les cas) capé (même si parfois les montants peuvent être très importants). Pour la simple et bonne raison qu’il y aura toujours 24 heures dans une journée. Même un médecin spécialisé et libéral qui facturerait des prestations très coûteuses se verra quand même limité d’une manière ou d’une autre.

Bref, dix sources de revenus passifs qui rapporteraient 500€ /mois chacune, ça fera toujours plus que 80% (au pif) des carrières possibles.

Quel est le problème avec les revenus dits passifs ?

Le problème qui revient souvent lorsqu’on évoque les revenus passifs, c’est que l’argent qui tombe du ciel, ça n’existe purement et simplement pas. Qu’il faut, dans tous les cas, travailler activement pour générer ses sources de revenus. Donc, dans la mesure où les revenus passifs, ne peuvent pas exister dans l’état, tout n’est ce concept n’est que foutaise.

Il s’agirait là, d’une arnaque pour faire miroiter aux crédules de la richesses, des Lamborghini, des plages de sable fin ainsi qu’une retraite anticipée.

Quelle est la vérité sur les revenus passifs ?

Avant de répondre à la question, j’aimerais simplement qu’on fasse l’effort d’être moins bête sectaire et d’apporter de la nuance au débat. Pouvons-nous dans un premier temps considérer, qu’il existe des revenus plus ou moins passifs ?

L’exemple de l’immobilier locatif

J’aime souvent prendre l’exemple de l’investissement immobilier locatif, parce qu’il parle au plus grand nombre. Une des manières de générer des revenus passifs est de mettre un appartement en location pour percevoir chaque mois un loyer. Si demain, vous voulez acheter un appartement, vous allez devoir prendre le temps, de chercher un bien, de visiter ce bien, de monter votre dossier de financement à la banque et d’avoir plusieurs rendez-vous chez votre notaire pour la signature.

Ensuite, pour la gestion du bien, vous allez devoir soit assurer vous-même le suivi de la mise en location (assurer les visites, faire les états de lieux, superviser les travaux d’entretien, etc.) soit mettre en gestion ce bien dans une agence qui fera le travail pour vous moyennant rémunération. Suite à cela, félicitations, vous percevrez (normalement) un loyer tous les mois de manière passive (mais est-ce que ça sera rentable ? Ça, c’est une autre histoire). Bref, vous voyez déjà que selon le mode de gestion que vous allez choisir (par vous-même ou en passant par une agence), le revenu sera plus ou moins rentable. J’en profite pour vous rappeler que vous pouvez consulter des articles sur l’investissement immobilier ici.

L’exemple de l’écriture d’un livre

On voit de plus en plus sur Internet des anonymes qui publient leur propre e-book ou leur livre sur des plateformes comme Amazon. Là encore, on se doute que la rédaction d’un livre prend du temps. Une fois fini, l’auteur(e) pourra bénéficier des revenus issus de la vente de son ouvrage jusqu’à la fin des temps. Enfin, ça, c’est la théorie, parce qu’il faudra : premièrement assurer la promotion du bouquin (à moins de bénéficier du réseau d’un éditeur) et deuxièmement à moins que l’œuvre soit intemporelle et connaisse un véritable succès, il y a fort à parier que les ventes vont diminuer au fil du temps.

Et donc la vérité sur les revenus passifs ?

Et donc les revenus passifs, c’est possible. Mais, et on le voit d’ailleurs avec les deux exemples cités précédemment, ça nécessite dans tous les cas, une mise en place plus ou moins chiante difficile et compliqué et un suivi plus ou moins chronophage si on veut s’assurer un revenu qui dure dans le temps.

Mettre un location un bien immobilier ça dure peut-être 3 mois de recherches, environ 3 mois de délais pour la banque et le notaire, peut-être encore 3 mois de travaux. Mais, une fois l’appartement mis en gestion, ce sont des revenus qui tombent (si tout se passe bien) tous les mois avec un coup de fil du gestionnaire tous les 6 mois / 1 an (ou même encore moins souvent) pour annoncer un changement de locataire.

Rédiger un livre ça prend plusieurs mois (années ?), c’est certainement très compliqué, mais avec du réseau et des canaux de diffusions huilés, ça peut générer des revenus pendant assez longtemps (ou pas).

Autrement dit…

Et donc avoir des revenus passifs, c’est vraiment difficile dans la plupart des cas (sauf pour l’immobilier) et ça nécessite un vrai travail de mise en place. Mais ça n’enlève rien du fait que le concept de revenu passif existe et qu’il est même clairement conseillé de favoriser ce type de revenu afin de décupler les sources de cashflow possibles et d’augmenter le niveau de ses revenus.

Pour autant, est ce qu’un revenu 100% passif ça existe ? Probablement pas, même une personne qui hériterait d’un énorme portefeuille boursier et qui pourrait percevoir des énormes dividendes de manière totalement passive aura à un moment ou à un autre une mise en place. À minima signer chez le notaire pour accepter l’héritage… et payer les frais de successions, et un suivi (un arbitrage de temps en temps et quelques coups de fils avec des gestionnaires de patrimoine.)

Et qu’en est-il des revenus actifs comme une activité ? Faut-il les répudier ? Bien évidemment que non, si ce sont des emplois qui vous apportent satisfactions, équilibres et qui, éventuellement, vous permettent d’investir dans des revenus qui eux seront passifs (immo, bourse etc). Bref, nuançons le débat.

La vérité sur les revenus passifs : mon expérience

Une de mes sources, relativement récente, de revenus passifs, c’est la formation. Je suis ingénieur informatique et je réalise des cours vidéos sur la plateforme Udemy. Donc, je tourne des vidéos et les édite, puis j’upload les vidéos sur la plateforme Udemy qui propose la formation dans son catalogue et je suis rémunéré chaque fois qu’un(e) étudiant(e) achète le cours. Plutôt facile à comprendre.

La réalité, c’est que tourner des vidéos et les monter ça prend une E-TER-NI-TE. C’est extrêmement long, difficile, et c’est d’autant plus le cas quand le sujet nécessite de la rigueur et du sérieux comme le développement informatique. Je dois passer 3 ou 4 heures pour avoir 5 minutes de vidéos (sans rire). Il y a forcément des marges de progressions (et je suis peut-être, simplement, très mauvais). Il est certainement possible de réaliser plus de vidéos en moins de temps mais, c’est comme tout, ça s’apprend. En tout cas, rien de passif là-dedans.

Deux hommes écrivant des équations sur un tableau transparent.
Je vous rassure, l’informatique c’est vachement moins compliqué.

Mais je peux vous dire, maintenant, que derrière chaque vidéo youtube un peu sérieuse, ou chaque formation de plusieurs heures, il y a un travail de titan.

Et le résultat ?

Une fois la formation tournée et montée, il suffit de l’uploader et pour le coup Udemy a le mérite d’avoir énormément de visiteurs et donc beaucoup d’acheteurs potentiels. À moi les millions ! Oui mais non. Concrètement, cette source de revenu, rapporte entre 200 et 300 euros par mois. Et cela pour des heures de tournages et de montage. Pour information, un ingénieur informatique indépendant facture au bas mot 350 € / jour pour une prestation. J’aurai donc gagné plus avec une journée de travail. On pourrait mettre en cause le mot de facturation de la plateforme, qui pratique des tarifs très bas pour des formations parfois de plusieurs dizaines d’heures, mais c’est un autre débat qui n’est pas le sujet de l’article.

« Tout ça pour ça ?! » a été ma première réaction (et ça l’est toujours à l’heure où j’écris ces lignes). Cependant, maintenant que la graine est plantée, ne faut-il pas continuer à l’arroser ? Comme je l’ai dit, il y a forcément des axes d’améliorations. Développer des méthodes pour gagner du temps, faire des formations plus qualitatives, essayer de faire de la pub par mes propres moyens… Bref, ces 200 ou 300 euros (avant impôts, j’ai oublié de préciser), ne pourraient-il pas se transformer en 500 ou 1000 euros ?

À ce jour, je n’ai pas la réponse, mais je n’hésiterai pas à vous le faire savoir dans les prochains mois ou année si le sujet vous intéresse.

Comment générer des revenus passifs

Quoi qu’il en soit, si vous souhaitez, vous aussi, générer des revenus passifs (et je vous y encourage), vous devez construire des systèmes. Je crois que c’est Tim Ferris qui parlait de système qu’il appelait muse dans son livre la semaine de 4 heures. Un système, c’est en réalité une entreprise, un processus, un moyen (bref vous avez compris l’idée) qui va vous permettre de générer et de pérenniser ses revenus.

Un robot
Une bonne partie du secret des revenus passifs résident dans l’automatisation.

Pour générer des revenus passifs : du temps ou de l’investissement

Il n’y a pas de secret, pour mettre en place des revenus passifs, il va falloir :

  • Soit investir vos deniers. Acheter un bien immobilier, acheter une action qui rapporte des dividendes, acheter un business ou embaucher un prestataire qui va vous rendre un service comme rédiger un livre, créer une application mobile. Ce sont des systèmes que vous pouvez mettre en place avec de l’investissement.
  • Soit y consacrer du temps. Tourner une formation, rédiger vous même le livre, créer votre art afin de le vendre, etc.

Pour pérenniser les revenus passifs : délégation ou automatisation

Là encore, très peu d’alternatives. Pour pérenniser votre système, il y a deux possibilités :

  • Déléguer la gestion. Avoir recours à un agent immobilier pour la location de son bien, passer par une plateforme pour promouvoir notre service, embaucher des employés, etc.
  • Automatisation les processus. Par exemple, séquence automatisée d’email après une inscription sur un site avec à la clef la vente d’un produit. De la publicité facebook pour promouvoir son service. Générer du trafic via un blog ou un profil instagram etc.

En réalité, sortie de ces quatre points clef, tous le reste n’est que de la littérature.

Liste non exhaustive de revenus passifs

Voici une liste non-exhaustive de revenus qu’on pourrait qualifier de passifs. Peut-être y trouverez-vous quelques idées pour pouvoir, vous aussi commencer à générer ce type de revenus.

  • Louer un bien immobilier (Appartement, Maison, Parking, Box …)
  • Ecrire un livre
  • Faire une formation
  • Louer son véhicule
  • Louer du matériel (Outils, matériel de jardinage, objets…)
  • Dropshipping
  • Revenus liés à l’affiliation
  • Publicités (Adsense, etc)
  • Vendre des photos et des vidéos sur des sites spécialisés.
  • Faire de la publicité sur son véhicule
  • Dividendes
  • Création d’application mobile
  • Création de jeux vidéo

Conclusion sur les revenus passifs

Et donc pour conclure cet article sur les revenus passifs : l’argent ne tombe pas du ciel. Sauf que ne considérer que les sources de revenus dites actives (comme un salaire par exemple ) vous empêche de voir un autre côté. Celui des revenus qui sont décorrélés du temps et qui, à la différence du salariat, eux, peuvent se cumuler. Temps libre, meilleur résilience car plusieurs sources de revenus et montants qui peuvent parfois crever le plafond sont quelques-unes des récompenses qui peuvent vous attendre en cas de réussite.

Leur mise en place nécessitera toujours un travail, plus ou moins importants et plus ou moins plaisant. Mais, en cas de succès, la récompense en vaudra presque toujours la chandelle. A bon entendeur.

Photos par Annie SprattScience in HD,  Rock’n Roll Monkey de Unsplash

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