Quels enseignements tirer de la crise du coronavirus ?

Nous sommes en train de vivre une période sans précédent. Loin de moi l’idée de paraitre alarmiste ou défaitiste. Je pense sincèrement que nous vivons actuellement une période de profond changement. Et face à l’incertitude dans laquelle nous nous retrouvons. J’aimerais discuter avec vous, sans prétention, des enseignements que nous pouvons tirer, nous, de cette crise du coronavirus.

Si vous vous trouvez sur le sol français il est fort à parier que vous êtes actuellement (comme moi) confiné chez vous en lisant le Millénial Indépendant pour vous occuper. J’espère que vous trouverez dans cette lecture qui, j’annonce, sera décousue, des éléments qui vous intéresseront. Ici, nous ne parlerons pas du coronavirus en tant que maladie. S’agit-il d’une simple « gripette » ou d’un nouveau virus tueur digne de Ebola ? Est-ce que le gouvernement a sur-réagi ou au contraire aurait du prendre des mesures plus tôt ? Vous n’aurez pas la réponse ici. Dois-je acheter l’action X ou Y, vous n’aurez pas non plus la réponse bien que vous aurez tout de même des choses qui peuvent vous intéresser.

Mais nous parlerons quand même d’argent et d’investissement, car c’est ce qui nous intéresse.

La crise du coronavirus

Ça y est. Nous y sommes. Cela fait plusieurs années qu’on s’attendait à une nouvelle crise financière. Nous voilà les deux pieds dedans. Et tout ça à cause d’un pangolin ou d’une-chauve souris. Depuis plusieurs mois, l’économie mondiale est à l’arrêt et les marchés s’effondrent. Les indices boursiers tels que le cac40, le Dow Jones ou même les ETF comme le cw8 ont perdu aux alentours de 30%. Si bien que fin février les bourses mondiales signaient leur pire semaine depuis la crise de 2008. Et cela pourrait n’être que le début. Avec les mesures de confinements dans plusieurs pays d’Europe comme la France et l’Italie tout semble indiquer que l’économie (au moins dans cette partie du globe) sera à l’arrêt pendant encore quelques semaines au mieux. Et ça ne semble pas forcément mieux dans les autres coins du globe comme aux États-Unis.

Le bâtiment de la banque centrale européenne.
Le bâtiment de la banque centrale européenne.

La crise est tellement violente que pour essayer de maintenir à flot les entreprises et l’économie les états n’hésitent pas à débloquer des fonds. Par exemple, la France a annoncé débloquer 300 milliards d’euros. L’Allemagne est prête à débloquer au moins 550 milliards d’euros et les états unis vont débloquer 100 milliards de dollars. Mais les états ne sont pas les seuls à débloquer des fonds. Les banques centrales comme la banque centrale européenne et la FED annoncent débloquer respectivement 750 milliards d’euros et 1500 milliards de dollars pour aider les états à affronter la crise et empêcher l’économie mondiale de s’effondrer.

Les conséquences de la crise du coronavirus

Il est évidemment trop tôt pour prévoir les conséquences de la crise. Et je pense qu’avant tout il faut rester modeste. Personne ne sait ce qu’il va se passer demain surtout dans cette période vraiment incertaine. Après tout, nous ne savons pas si nous en sommes qu’au début, au milieu ou même à la fin de cette crise du coronavirus. Mais si je devais me prêter à l’exercice, je distinguerais plusieurs points.

Il me semble logique que l’argent débloqué par l’état ne soit qu’en réalité de l’impôt différé qui sera dû par le contribuable français d’une manière (impôts, taxes, cotisations) ou d’une autre dans un futur proche (intérêts d’une dette croissante). Mais ce n’est pas tout, le gouvernement a annoncé plusieurs fois être prêt à nationaliser les entreprises en difficulté s’il le fallait. Je n’ai pas la prétention de savoir si les deux points sont une chose positive ou non. Après tout, ça permet peut-être de sauver des emplois, mais ce sont des décisions qui auront tout de même de lourdes conséquences sur l’avenir.

Quand on parle de la banque centrale qui débloque des fonds, il faut comprendre que la banque va faire tourner la planche à billets. En réalité, elle rachète la dette des états (comme des obligations françaises). Par conséquent, plus il y a d’argent en circulation, moins l’argent a de valeur. En clair, ce n’est pas impossible que la valeur des actifs financiers (et immobilier ?) augmente tellement il va y avoir d’argent en circulation. Edit du 29/03 : Certaines personnes prévoient une déflation (plutôt qu’une inflation) avec le rachat des dettes par la BCE. Comme quoi il n’y a pas de certitude absolue sur les conséquences d’une telle crise.

D’ailleurs si on prend le temps de regarder les obligations françaises sur 10 ans. On s’aperçoit que les obligations françaises sont passées de -0,32% le 12 Mars à subitement plus de +0,4% pour redescendre en territoire négatif après l’annonce de la BCE. Bien que ce taux reste très bas, cela sous-entend qu’il a été brièvement moins sûr d’emprunter à la France. Traduction, la BCE sauve les miches des pays endettés. Si vous voulez avoir plus d’informations sur les taux négatifs vous pouvez vous référer à cet article du parisien.

Je vous laisse deviner à quel moment la BCE a fait son annonce. (le 19 Mars).

Et donc le dernier point qui me parait important c’est que la crise du coronavirus risque de faire sauter en éclat la cohérence européenne et cela juste après un brexit… Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Bruno Lemaire. Et si on rajoute à ça le fait que beaucoup de pays ferment désormais leur frontière pour raison sanitaire…

Alors, oui, il y aura probablement des conséquences très importantes avec cette crise du coronavirus.

Comment réagir face à la crise du coronavirus.

D’un point de vue purement « investissement », comment faut-il réagir face à la crise du coronavirus ? Faut-il en profiter pour faire les soldes comme le prétendent certains et acheter des actifs qui se retrouvent à des valorisations plus intéressantes.

En théorie oui, en pratique ce n’est pas si sûr. Penser qu’actuellement les actions sont peu chères c’est fonctionner un peu à rebours. Dans la mesure où les deux dernières années le marché des actions a atteint des sommets, on a tendance à comparer le prix actuel avec cette valeur maximale atteinte. Mais rien ne nous indique que les actions attendront de nouveau ces sommets dans les prochaines années.

Je sais qu’on entend beaucoup qu’il faut investir en action sur du très long termes. Si vous êtes dans la catégorie « milléniale » il y a de fortes chances que vous soyez plutôt jeune et qu’effectivement vous investissez sûr du très long terme. Et que vous profitiez de cette baisse pour faire les soldes. Et au fond, vous auriez probablement raison. Ce que j’essaie simplement de dire c’est que nous sommes tout de même dans une période incertaine et que parfois un peu de prudence ne fait pas de mal.

Les marchés sont très volatiles.

Un indicateur que les spécialistes utilisent est l’indice VIX qui traduit la volatilité du marché américain. Pour faire simple plus c’est haut et plus les marchés sont volatils (aka en panique) et dans le graphique ci-dessous on voit que la volatilité des marchés n’a jamais été aussi importante elle explose même le pic de 2008. En clair, il n’y a plus de marchés, on ne sait pas ce qu’il est en train de se passer.

Graphique de l’incide VIXsur le site www.tradingview.com

Alors la décision que vous allez prendre n’appartient qu’à vous (investir ou pas). Mais assurez-vous tout de même de n’investir que de l’argent dont vous n’avez pas besoin dans l’immédiat et dans des produits dans lesquels vous croyez. Si vous n’êtes pas serein avec l’idée de voir votre porte-feuille faire du yoyo alors laissez passer la tempête.

Nous vivons une période exceptionnelle

Je ne voudrais pas que vous pensiez que je tiens un discours pessimiste, négatif, catastrophique, décroissant ou survivaliste. Quel que soit le superlatif à la mode… Bien au contraire, je pense que nous vivons une période exceptionnelle. Bien que la bourse se casse bien la figure, le monde ne s’effondre pas pour autant. En tout cas, pas encore. Nous recevons toujours de l’eau chez nous et de l’électricité. Les magasins continuent d’être alimentés et nous pouvons toujours vivre, mais en mode réduit pour une période à durée (in)déterminée. Mais tout ce qui est en train de se passer sur le plan économique ne pourra pas ne pas laisser de traces (double négation, check). J’ai hâte de voir la suite.

Mais cette période est également une opportunité de tirer des enseignements très riches.

Quels enseignements tirer de la crise du coronavirus

Quels enseignements tirer de la crise du coronavirus ?
Quels enseignements tirer de la crise du coronavirus ?

Sur le plan économique

Si comme moi vous êtes plutôt jeune (millénial oblige), c’est probablement la première crise financière que vous vivez. Vous n’aviez peut-être pas investi en bourse en 2008 ou 2011. Donc vous avez la chance de vivre une crise majeure au début de votre parcours d’investisseur et plus généralement au début de votre vie d’adulte. C’est une chance inouïe de pouvoir expérimenter ce moment.

Qu’avez-vous ressenti quand votre portfolio a pris -30% ? Quelle est votre réaction face au risque ? Avez-vous finalement besoin de cet argent ? Toutes ces questions doivent vous permettre de vous construire une stratégie qui vous permettra d’être serein en toutes occasions.

Concernant l’immobilier

Mais cela ne concerne pas que la bourse. Beaucoup de personnes se posent des questions sur l’avenir des emprunts immobiliers, sur le risque de loyers impayés et simplement sur l’avenir de l’immobilier. Êtes-vous rassuré ou inquiet d’avoir récemment acheté de l’immobilier ? Il est encore trop tôt pour savoir si l’immobilier va monter ou baisser surtout qu’on sait qu’il y a autant de marchés immobiliers en France que de ville. Dans l’immédiat ce qu’on sait c’est que la plupart des transactions immobilières sont pour le mieux ralenti pour le pire annulées en évoquant le cas de force majeur. Mais de là à dire que ça va avoir une action sur les prix de l’immobilier, c’est pour l’instant trop tôt pour dire. Mais, s’il doit y avoir une conséquence sur le prix de l’immobilier, pour moi, ça sera à cause du point suivant.

Des rayons de supermarchés vides
Des rayons de supermarchés vides

Sur les modes de vie

Nous avons pu être témoin, depuis l’annonce d’Emmanuel Macron du confinement de la France pour une durée minimale de deux semaines, des mouvements d’exodes des grandes villes vers des zones plus rurales si bien que l’état vise à réduire la fréquence des trains pour limiter la propagation potentielle du virus. Ne serait-ce pas là un signe beaucoup plus révélateur que de prime abord ? J’ai l’impression, mais je peux me tromper, que cette crise du coronavirus à permis d’afficher au grand jour l’état de dépendance dans lequel nous sommes lorsque nous rencontrons des difficultés en particulier dans les grandes agglomérations (déplacement, travail, alimentation) . Choses auxquelles nous ne sommes plus habitués depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

L’aspect professionnel

De plus, le télétravail forcé à permis à tout une partie de la population qui pouvait, en théorie, faire du télétravail mais qui ne l’a jamais fait par habitude ou à cause d’un employeur un peu psychorigide sur le sujet. Ils ont pu gouter aux joies du travail à distance. Bien évidemment, certaines personnes n’apprécient pas plus que ça le télétravail mais je reste optimiste sur le fait que la majorité des gens vont trouver plus d’avantages que d’inconvénient à ce mode de travail.

De même que les entreprises qui étaient récalcitrantes ont été forcées d’adopter des mesures pour permettre le télétravail d’une partie de leurs employés. Elles sont désormais équipées de toutes les infrastructures nécessaires.

Sur le côté social

L’obligation de vivre confiner quelque temps ne serait-il pas l’occasion également de repartager des moments avec ces proches ? Il semblerait que depuis la fin de la quarantaine en chine les demandes de divorces ont explosé. Mais certains supposent également qu’il va y avoir une nouvelle génération d’individus conçus pendant la période de confinement.

Dans son discours du 16 mars annonçant le confinement, Emmanuel Macron disait :

Cela ne doit pas nous empêcher de garder le lien, d’appeler nos proches, de donner des nouvelles, d’organiser aussi les choses avec nos voisins, d’inventer de nouvelles solidarités entre générations, de rester, comme je vous l’ai dit jeudi dernier, profondément solidaires et d’innover là aussi sur ce point. [..] Lisez, retrouvez aussi ce sens de l’essentiel. Je pense que c’est important dans les moments que nous vivons. La culture, l’éducation, le sens des choses est important.

Emmanuel Macron – Allocution du 16 Mars 2020

Cette crise ne serait-elle pas l’occasion de redévelopper nos liens sociaux, notre rapport aux autres ou même nous recentrer sur nos centres d’intérêt ?

Et l’écologie dans tout ça ?

L’écologie et la préservation de la planète sont des sujets dans tous les esprits ces dernières années. Avec toutes ces usines à l’arrêt, les avions cloués au sol et la consommation en berne par la force des choses on s’aperçoit que par exemple en chine la pollution à drastiquement baisser. Ne serait-ce pas là l’occasion d’explorer une transition écologique souhaitée par certains ?

Par conséquent, la crise du coronavirus ne serait-elle pas l’étincelle qui va permettre à une grande partie de la population de remettre leur mode de vie en question et de définitivement quitter les grandes villes pour un mode de vie un peu plus rurale tout en télétravaillant pour des employeurs situés dans les grandes métropoles ? Le tout avec un retour aux choses simples de la vie ?

La solution à la crise du coronavirus… et à toutes les autres crises en fait ?

En définitive, je suis persuadé que toutes les problématiques qui sont évoquées au-dessus ont une solution. Cette solution peut-être résumée en un mot : la résilience.

La résilience comme solution à la crise.
La résilience, comme dans World of Warcraft. Ok, ça ne fera probablement rire que moi.

La résilience pourrait être définie comme étant la capacité à surmonter les épreuves. Mais en pratique, on s’aperçoit que chaque individu possède une situation qui est plus ou moins résiliente qu’un autre. Et c’est dans une situation de crise comme celle du coronavirus que la résilience de la situation de chacun apparait au grand jour.

  • Les ruraux ont l’air de moins souffrir du confinement que les citadins.
  • Ceux qui ont un potager bien garni sont moins inquiet que la personne à faibles revenus qui doit faire ses courses dans une grande surface dévalisée pendant la période de crise.
  • Les personnes pouvant pratiquer du télétravail ont moins de risques de pertes de revenus que les autres.
  • Les entreprises du tourisme ont l’air de beaucoup plus souffrir de la crise que les différents commerces dits « essentiels ».
  • Les investisseurs avec un portefeuille bien diversifié (et/ou anti crise) ont moins souffert que les autres.
  • Celui qui a du pognon de côté est moins inquiet que celui qui est à découvert tous les mois (quel scoop)…
  • …Mais celui qui a du pognon est peut être plus inquiet par les moins 30% que celui qui n’a pas de pognons.

Comment gagner en résilience pour faire face aux futures crises ?

Encore une fois loin de moi l’idée de paraitre décroissant ou survivaliste. Ce n’est pas le propos de cet article. Mais plus de faire réfléchir sur le concept de résilience et de l’appliquer à votre propre situation. Si vous estimez que vous n’êtes pas assez résilient alors voici quelques pistes pour gagner d’avantage en résilience.

  • Être employable ou avoir une entreprise peu impactée par la crise. Pour la première catégorie, je pense par exemple, aux ingénieurs, aux métiers qualifiés… Pour la deuxième catégorie, ça peut être les métiers de bouches parce que même en situation de crise, il faut manger, les entreprises ou les métiers dans le dématérialisé, les e-commerces, etc. Amazon est la seule entreprise qui recrute pour faire face à l’explosion des commandes en ligne.
  • Pouvoir faire du télétravail. Afin que, quelle que soit la situation les mesures de crise n’impacte pas le travail. Et si votre employeur fait faillite alors vous serez toujours capable de travailler pour quelqu’un d’autres se trouvant aux quatre coins de la France.
  • Savoir parler anglais ou d’autres langues étrangères. Pareil que le point du dessus, mais en élargissant la recherche du travail aux quatre coins du globe.
  • Avoir une maison avec un peu d’espace vert plutôt qu’un appartement (mais bon ça c’est plus un choix de vie)
  • Si c’est votre dada faire un potager pour l’essentiel de votre alimentation.
  • Bien gérer ses finances pour ne pas avoir de problèmes d’argent en cas de crise.
  • Si vous êtes entrepreneur, avoir des clients dans plusieurs pays.
  • Avoir des placements dans plusieurs secteurs et dans plusieurs zones géographiques. Vous pouvez d’ailleurs toujours consulter l’article sur tout ce qu’il faut savoir pour ouvrir un PEA.
  • Avoir des devises différentes.
  • Un sujet que j’ai lu récemment et que je trouve intéressant bien que je ne sois pas forcément d’accord avec l’énoncé mais qui est de rembourser le plus rapidement possible l’emprunt de sa résidence principale pour ne plus avoir de crédit sur le dos en cas de crise. (Article qui traite aussi de la résilience).
  • Avoir bien investi dans l’immobilier. Autrement dit, ne pas avoir un bien locatif qui coute une fortune et qui rapporte rien et qui cause une lourde imposition.
  • Comprendre les mécaniques de l’inflation et s’en protéger pour ne pas se faire … enfler.

La liste est évidemment non exhaustive.

La crise du coronavirus

Conclusion sur la crise du coronavirus

Nous vivons une période de transition exceptionnelle, j’en suis profondément convaincu. Que ça soit sur le plan économique ou social. Du point de vue des mentalités des gens, de leur ressenti face à une situation (le confinement) qu’on ne pensait jamais vivre. Les mentalités vont, je le pense, changer. Il y aura un avant et un après.

Évidemment, ce qui est relaté ici n’est que mon ressenti et je peux être complètement à côté de la plaque. C’est à vous de faire votre propre opinion par rapport à votre perception de la situation. Quant aux questions relatives à l’investissement, il n’y a pas de bonnes réponses. Nous vivons une période incertaine. Soyez juste sûre que l’argent que vous investissez est pour du long terme et que vous ne vous mettez pas dans une situation financièrement compliquée. Bien que le coronavirus est avant tout une crise sanitaire, elle n’est certainement que le premier round d’une crise économique et financière qui risque de pointer le bout de son nez.

Mais ce n’est pas pour autant une mauvaise chose. Point de catastrophes ou de fin du monde. Soyons juste modestes face à la situation. Essayons d’en tirer les meilleurs enseignements possible et améliorons notre résilience pour faire face à l’avenir.

Et vous ? Que pensez-vous de cette crise ? Êtes-vous affecté ? Comment pensez-vous améliorer votre résilience ?

Photo par John Cameron, Finn Protzmann, Markus Spiske sur Unsplash

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