Y’a t’il un piège de la pauvreté en France ?

Il y a quelques semaines, j’ai terminé de lire le livre d’Esther Duflo et Abhijit V. Banerjee « Repenser la pauvreté ». Il détaille, entres autres, un concept de piège de la pauvreté. Vous avez probablement entendu parler d’Esther Duflo, c’est la lauréate du prix Nobel d’économie de 2019 (qui d’ailleurs n’est pas historiquement un prix Nobel, mais un Prix de la banque de Suède en Science économique en mémoire d’Alfred Nobel, on en apprend tous les jours). Elle a été récompensée par son travail sur la lutte contre la pauvreté. Travail synthétisé, justement, dans cet ouvrage.

J’ai beaucoup aimé ce livre parce qu’il m’a mis une claque et qu’il a brisé certaines idées reçues que j’avais. Je le recommande pour ceux qui souhaiteraient avoir une autre vision de la pauvreté mondiale même si je sais qu’il ne plaira pas à tout le monde. J’ai longuement réfléchi à la manière dont j’allais vous parler de cet ouvrage, et j’ai choisi de discuter avec vous d’une notion qui sert de prémices à l’ouvrage et qui m’a bien interpellé. La notion de piège de la pauvreté. En particulier, s’il était possible de transposer ce concept de piège de la pauvreté à la France.

Y'a t'il un piège de la pauvreté en France ?
Y’a t’il un piège de la pauvreté en France ?

Avant de commencer

Je n’ai pas la prétention de pouvoir juger du travail d’une économiste « nobélisée » dans la mesure ou, en plus, je ne suis pas économiste. Je sais également que la notion que je vais vous détailler après, de piège de la pauvreté s’applique aux pays considérés comme pauvre (si j’ai bien lu l’ouvrage). Le cas de la France n’est pas abordé dans le livre. En revanche, je pense qu’il est possible tout de même de transposer la réflexion à la France. Donc, garder à l’esprit qu’il s’agit probablement plus d’une discussion, entre nous, qu’un véritable travail de recherche universitaire de ma part.

Je précise également que cet article n’est pas une analyse du bouquin en lui même. Je ferai peut-être cela dans un autre article.

Qu’est ce qu’un piège de la pauvreté ?

Comme précisé dans le bouquin, on pourra parler d’un piège à pauvreté chaque fois que la possibilité de faire croître ses revenus ou sa richesse, à un rythme très élevé, est limitée. En réalité, les économistes possèdent deux visions différentes de la pauvreté dans le monde. J’ai précisé que je n’étais pas économiste mais je ne suis pas non plus graphiste, cependant une image vaut mieux que mille mots…

Courbe en L inversé en absence de piège de la pauvreté (illustration recopiée du livre "Repenser la pauvreté" d'Esther Duflo)
Courbe en L inversé en absence de piège de la pauvreté (illustration recopiée du livre « Repenser la pauvreté » d’Esther Duflo)

Mais des explications sont tout de même nécessaires. Une partie des économistes pense que les revenus actuels déterminent les revenus futures et qu’il n’y a pas de piège de la pauvreté. Le revenu futur pouvant être demain, le mois prochain ou encore la génération suivante. Par conséquent les revenus (ou la richesse) d’un individu peuvent s’accroître comme schématisé avec les flèches rouges de mon graphique le long d’une courbe en L inversé. On commence d’un revenu bas et petit à petit on va vers la droite du schéma. On s’enrichit.

Une autre partie des économistes pense également que les revenus (ou la richesse) actuels déterminent les revenus et la richesse futurs mais à la différence de la précédente catégorie, qu’il y a un piège de la pauvreté ce qui donnerait plutôt une courbe en S comme schématisée ci-dessous.

Courbe en S avec la présence de piège de la pauvreté (illustration recopiée du livre "Repenser la pauvreté" d'Esther Duflo)
Courbe en S avec la présence de piège de la pauvreté (illustration recopiée du livre « Repenser la pauvreté » d’Esther Duflo)

La différence avec le graphique précédent est qu’en présence d’un piège de la pauvreté, il existe un point P en dessous duquel les revenus futurs sont moindres que les revenus actuels. En d’autres termes, en dessous de ce point P vos revenus vont plutôt vers la gauche du schéma (schématisé par les petite flèches rouges) et donc vont mécaniquement diminuer si vous ne faites rien. Et c’est là que le piège de la pauvreté se referme. Il est impossible ou à minima très dur de se sortir de cet engrenage. Alors qu’en dessus de ce point P le graphique ressemble au précédent.

Et c’est là le point central de ma question. Y‘a-t-il, en France, un point P ou un revenu M qui en d’autres termes ne permet pas l’enrichissement et qui fait en sorte qu’on ne peut pas se sortir de la pauvreté ou très difficilement ?

Pourquoi y aurait-il un piège de la pauvreté en France en premier lieu ?

Si je synthétise la définition donnée au paragraphe précédent, il y a piège de la pauvreté lorsque les revenus futurs sont moindres que les revenus actuels. Et si je transpose le concept (qui est à la base à destination des pays pauvres dans le livre) pour les pays développés, ça sous-entend que l’individu, pour avoir des revenus futurs supérieurs aux revenus actuels, doit pouvoir en réalité investir ou à minima épargner dans le but de pouvoir s’enrichir par la constitution d’un capital. On peut même pousser le raisonnement encore plus loin (vu que l’enrichissement futur peut être sur plusieurs générations être capable de passer à la génération suivante un capital pour l’enrichissement.

Mais, il y a en France certaines spécificités qu’il faut prendre en compte et qui pourraient entraver cet enrichissement :

Les prélèvements obligatoires

La France est championne du monde du prélèvement obligatoire des pays de l’OCDE avec 46% et par extension des pays du monde. Ce qui fait que, c’est mathématique, la France est vraisemblablement le pays du monde où il vous en restera le moins à la fin du mois. Alors, mon souhait n’est pas de rentrer dans le débat si c’est une bonne chose ou une mauvaise chose. Rappelons que ces prélèvements obligatoires servent à payer l’ensemble des services publics, notre système de retraite, et notre système de santé, etc. Mais juste de dire que le caractère obligatoire des prélèvements empêche de pouvoir choisir où va notre argent. Il va plutôt aus cotisations retraites que dans un investissement choisi. C’est un point que j’avais déjà relevé dans l’article les avantages et les inconvénients de la méthode fire en France.

Il faut tout de même préciser que ces prélèvements obligatoires ne sont pas distribués de manière identique au sein de la population. Une personne avec un salaire important aura proportionnellement plus de prélèvement qu’une personne au SMIC selon toute vraisemblance.

Les effets de seuil

En France, on parle d’effet de seuil quand une personne augmente progressivement de revenu et qu’elle atteint un seuil de revenu où elle commence à gagner trop pour continuer à percevoir certaines prestations qui lui permettaient de joindre les deux bouts. Elle gagne plus et commence à être redevable de l’impôt sur le revenu sans pour autant avoir une amélioration significative de son train de vie tout en perdant les aides sociales. C’est un vrai problème qui est connu et que les gouvernements successifs essaient d’atténuer comme relaté dans cet article des échos « Les effets de seuil pénalisent les plus modestes » qui date un peu, mais dont le propos est toujours d’actualité.

On peut résumer ça par le fameux : « Je gagne trop pour avoir les allocs, mais pas assez pour bien vivre ». Ce revenu seuil se situerait à la louche aux alentours de 1400 / 1500 euros nets par mois pour un célibataire.

La dépendance aux prestations sociales

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la France est un des pays du monde qui redistribue le plus car cette redistribution intervient grâce à la fiscalité. Encore une fois, le propos n’est pas de tergiverser sur le fait de savoir s’il y a trop d’impôts ou pas en France, c’est un autre débat. Dans les faits, notre système est un des plus égalitaires et redistributifs. Mais cela implique une chose. La dépendance aux prestations sociales. J’ai trouvé les chiffres officiels de la CAF de 2017. Nous pouvons y lire les informations suivantes :

  • 2 800 000 foyers ont perçu des Allocations logements.
  • 4 900 000 foyers ont perçu des Allocations familiales.
  • 2 670 000 foyers ont perçu une prime d’activité.

Pour information, il y aurait en France, en 2015, 29 millions de ménages. J’aurais pu ajouter d’autres prestations sociales parce qu’il y en a un paquet mais là où je veux en venir c’est qu’il y a entre 10 et 20% de la population (qui en théorie, sont les moins fortunés parce qu’il touche des allocations) qui ont besoin de ces prestations pour potentiellement joindre les deux bouts. Et si l’on rajoute les autres catégories de prestations ou d’allocation (congé maternité ou congé parental voir même les allocations chômage), nous avons toute une partie de la population qui est vraisemblablement et théoriquement dépendante de ces versements pour pouvoir subvenir à ses besoins.

C’est-à-dire que s’il y a un problème de versement d’une des allocations (bug informatique, retard de paiement, retard de traitement de dossier, mauvais calcul de la prestation), les gens peuvent se retrouver dans le rouge. Ce qui nous amène au point suivant.

Le nombre de personne à découvert ou ayant recours à des crédits à la consommation

Un français sur 5 dépasserait tous les mois leur découvert autorisé. Là encore, on parle de découvert autorisé et pas simplement de découvert (en dessous de 0). En théorie, toujours, si l’on est à découvert il y a de fortes chances qu’il n’y ait pas d’investissements. Les découverts occasionnent des frais bancaires qui peuvent être importants et dont certains politiques souhaiteraient d’ailleurs plafonner pour éviter une situation d’endettement sans fin (si ça, ce n’est pas un début de piège de la pauvreté, je ne sais pas ce que c’est…)

En parlant d’endettement, ça me permet aussi de parler du recours au crédit à la consommation. Le site jechange.fr nous en dit un peu plus sur qui sont les Français qui ont recours au crédit à la consommation d’après une étude Cofidis. Notamment :

  • 29% ont recours au crédit renouvelable
  • 18% sont des personnes en situation financière tendue : le crédit à la consommation leur sert à combler un déficit budgétaire. 

Les crédits renouvelables ou revolving sont réputés pour avoir des taux d’intérêt importants et le recours au crédit pour combler un déficit budgétaire est toujours déconseillé sous peine de creuser encore plus le trou. J’en parle dans l’article « Les pièges du crédits à la consommation ».

J’ajoute également un paragraphe sur le sujet du livret A. Les personnes physiques détiennent 55 millions de livrets A pour un encours de 263,5 milliards d’euros à fin 2018. Le livret A ayant désormais un rendement de 0,5% et étant parfois le seul livret d’épargne ou d’investissement des individus à faibles revenus ceux-ci perdent mécaniquement de l’argent à cause du mécanisme de l’inflation.

La question de l’héritage et le problème de la mobilité sociale

Les Français déclarent plus de successions que les pays voisins, mais pour des montants moindres. Le montant moyen des successions étant de 135.400 euros alors que la médiane est de 41 100 €. Il y a donc 50% des donations/successions en dessous de ce montant et 50% au-dessus. De plus, l’Insee nous informe qu’en moyenne les Français perçoivent les héritages et les successions globalement plus tard que les camarades européens soit 36 ans. Mon interrogation est la suivante : l’héritage arrive-t-il assez tôt et est-il suffisamment important pour pouvoir sortir des personnes d’une éventuelle pauvreté ? Il serait intéressant d’avoir des statistiques sur la manière dont son dépensé l’argent des successions. Dans la mesure où nous avons vu précédemment que pour que les revenus futurs soient supérieurs au revenu actuel, il faudrait que cet argent soit investi et non dépensé.

Et que dire du problème de la mobilité sociale qu’on appelle aussi l’ascenseur social. En France, le manque de mobilité sociale est plus problématique que les inégalités de revenus. Par conséquent, pour qu’une famille au bas de la répartition des revenus atteigne le revenu moyen, il faut attendre 6 générations, contre 5 dans l’ensemble des pays membres de l’OCDE. Autrement dit, les pauvres ont tendance à le rester, et cela sur plusieurs générations. Ne serait-ce pas là la définition, encore une fois, d’un piège de la pauvreté ?

L’explosion du coût de l’immobilier en France

Qu’il s’agisse du prix des loyers ou du prix de l’immobilier à l’achat, le logement est le premier poste de dépense d’un foyer en France. Qu’il s’agisse du parc privé ou social. Dans le domaine, il faut se pencher sur les travaux de Jacques Friggit spécialiste de l’évolution du marché immobilier français qui a d’ailleurs donné son nom à la courbe qui porte son nom qui montre la relation entre le revenu d’un foyer et le prix de l’immobilier.

Indice du prix des logements et indice des loyers rapportés au revenu par ménage. Une indication d'un éventuel piège de la pauvreté ?
Indice du prix des logements et indice des loyers rapportés au revenu par ménage.

D’après ses recherches, la part du loyer (donc d’une location) a quasiment doublé ces 20 dernières années par rapport au revenu du ménage (graphique ci-dessus). En d’autres termes, les loyers sont deux fois plus chers à revenus constants.

Nous avons également les informations concernant le prix de l’immobilier à l’achat.

Indice des prix des logements par rapport au revenu disponible d'après les travaux de Jacques Friggit. Une indication d'un éventuel piège de la pauvreté ?
Indice des prix des logements par rapport au revenu disponible d’après les travaux de Jacques Friggit

Là encore, le prix des logements immobiliers a explosé en France ces 20 dernières années. Bien plus que le revenu disponible. Que l’on parle de la location ou de l’achat, il y a, évidemment, des différences notables selon les régions, l’augmentation n’est pas uniforme. Cependant, la France reste tout de même un des pays ou le coût du logement par rapport au revenu est un des plus élevés des pays développés. Je rappelle que l’achat de la résidence principale est pour beaucoup le seul investissement réalisé dans la vie. Il est donc de plus en plus difficile d’acheter pour les foyers les plus modestes. Ou alors un foyer plus petit.

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Comparaison internationale de l’indice du prix des logements rapporté au revenu disponible par ménage

Quelle synthèse pouvons-nous faire sur l’existence d’un piège de la pauvreté en France ?

Nous avons donc vu que la France était le pays avec la part de revenu, que je qualifierai de « dé pensable » le moins élevé des pays développés. Cela peut s’expliquer par le fait que les prélèvements obligatoires (et encore plus depuis le prélèvement à la source de l’imposition sur le revenu) sont les plus importants des pays de l’OCDE et que le coût du logement n’a cessé d’augmenter ces dernières années en comparaison des revenus disponibles tout en étant la dépense principale des foyers.

Un choix sociétal…

Concernant les prélèvements obligatoires, cela s’explique par le modèle social qui permet une redistribution des revenus aux foyers les moins aisés. Ces foyers modestes deviennent donc tributaires des aides sociales comme les APLs pour boucler leurs fins de mois alors que les logements sont de plus en plus chers. On pourrait argumenter que le caractère obligatoire des prélèvements permet d’assurer des soins de qualité à toute la population et une retraite garantie (même si ce point fait débat notamment depuis l’annonce d’une réforme de la retraite). Ce qui protégerait de la pauvreté, d’une certaine manière.

…qui laisse paraître une fragilité

Mais ces personnes à la situation financière déjà fragile sont encore plus à la merci des aléas de la vie. Une voiture à changer, une allocation maternité qui tarde à venir, un déménagement à prévoir ou une facture de chauffage qui flambe vont propulser le compte bancaire du foyer qui était à l’orange dans le rouge, voir rouge vif avec éventuellement des agios à payer à la clef. De même que les foyers a situation financière compliquée ne peuvent pas bénéficier facilement de taux d’emprunt avantageux et on plus souvent recours au crédit à la consommation pour pouvoir joindre les deux bouts.

Et les générations futures ?

Lors d’un décès, les montants transmis dans la succession sont pour moitié inférieurs à 41 100 €. La question clef pour répondre à notre question sur le piège de la pauvreté en France serait de savoir comment ce montant est utilisé par les héritiers. En attendant, chacun se fera sa propre opinion pour savoir si c’est en soi un montant qui peut changer (à vie) la situation financière d’un foyer. Je rappelle également qu’en cas de décès la retraite du défunt n’est transmise qu’à l’époux/épouse à hauteur d’environ 50% ce qui empêche la transmission du capital (cotisé pendant la vie active) à la génération suivante ce qui aurait pu permettre potentiellement une augmentation de capital conséquent des héritiers.

Alors, y-a-t-il un piège de la pauvreté en France ?

Donc, après avoir détaillé tous les points au-dessus. J’ai l’intime conviction (qui est peut-être complément erroné) qu’il existe, effectivement, un piège de la pauvreté en France.

Je ne parle pas ici d’un constat banal comme « les riches sont plus riches, et les pauvres sont plus pauvres » même si c’est certainement vrai. En revanche, je parle d’un revenu M (qui peut varier selon la situation) en dessous duquel les revenus futurs seront moindres que les revenus présents.

Encore une fois tout de même, ce texte doit être plus pris comme une discussion de comptoir plutôt que comme une étude rigoureuse digne des plus grands chercheurs. Je rappelle également que la définition que je donne au piège de la pauvreté n’est que mon interprétation de ce que j’ai pu lire du livre d’Esther Duflo « Repenser la pauvreté » et que par conséquent, j’ai pu également me tromper.

Mais, ça ne change pas mon propos : Il y a, à mon sens, en France, un revenu M en dessous duquel vous ne pourrez pas vous enrichir (et probablement vous appauvrir). Reste à évaluer ce fameux montant M.

Le seuil de pauvreté en France

Si je prends les données de l’insee à propos de la pauvreté :

Le seuil de pauvreté monétaire, qui correspond à 60 % du niveau de vie médian de la population, s’établit à 1 041 euros par mois pour une personne seule en 2017. Avec 8,9 millions de personnes vivant avec un niveau de vie inférieur à ce seuil, le taux de pauvreté au seuil de 60 % de la médiane est de 14,1 % en 2017 et varie peu depuis 2014.

Nous sommes donc considérés comme pauvre aux alentours de 1 041 € par mois pour une personne seule. Mais, bien qu’il s’agisse de la définition de la pauvreté de l’Insee, rappelons-nous de la définition donnée au début :

on pourra parler d’un piège à pauvreté chaque fois que la possibilité de faire croître ses revenus ou sa richesse à un rythme très élevé est limitée

Est-ce que des individus qui gagneraient un peu plus auraient la possibilité de faire croître leurs revenus par l’investissement ou la capitalisation à un rythme très élevé ? Évidemment, que non. Et bien que le fameux montant M dépend de la situation de chacun (lieu de vie, composition de la famille), je dirai à la louche qu’en dessous de 1500 € par mois nous pouvons être pris dans le piège de la pauvreté. Et, comme par hasard, c’est à peu près ce niveau-là qu’on rencontre l’effet de seuil.

Se libérer du piège de la pauvreté
Se libérer du piège de la pauvreté

Comment sortir du piège de la pauvreté ?

J’ai la chance de bien gagner ma vie, de pouvoir investir, entreprendre, et d’envisager mon avenir sereinement . J’ai également la chance d’avoir une éducation financière que j’estimerai plus que correcte. Mais, je rencontre beaucoup de personnes et parfois des personnes de mon cercle proche qui sont prises dans le piège de la pauvreté. C’est d’ailleurs eux qui ont nourri également mon raisonnement. Pour tous ces cas, le schéma est le même. Ils sont toujours ric-rac à la fin du mois pour les plus chanceux d’entre eux. Ce qui signifie qu’au moindre pet de mouche ils sont dans le rouge. L’illusion qu’ils ont c’est de croire qu’en gagnant plus la situation ira mieux. Le problème c’est qu’ils pensent que ça sera 100 ou 200 euros de plus à la fin du mois qui les feront sortir de leur condition. Mais non, c’est probablement bien plus.

Le « problème » de la France, et j’ai dit problème, mais je devrai dire « choix de société » et que vous n’avez pas le choix de la manière dont vous allouez votre argent. On vous prélève des cotisations et on dépense l’argent pour vous dans ce qui est bon pour vous (la retraite, la santé, l’éducation). Que vous en ayez besoin sur le moment ou non. Alors, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dis, je suis très content d’avoir accès aux services publics dans le domaine médical par exemple surtout en cas de gros problèmes de santé.

Ce fonctionnement conviendra à certains, et ne conviendra pas du tout à d’autres. Encore une fois, ce n’est pas le débat. En revanche, pour sortir du piège de la pauvreté il faut que vous puissiez avoir suffisamment de revenus pour pouvoir dépenser sciemment votre argent dans des leviers qui vous feront sortir de la pauvreté.

Comment sortir de la pauvreté ? Une liste non exhaustive

  • Avoir une très bonne éducation financière. Je ne peux pas insister assez sur ce point. Je m’arrache les cheveux (d’ailleurs, j’en ai plus) chaque fois que j’entends quelqu’un se contenter du rendement du livret A ou penser que l’assurance vie c’est que pour les riches.
  • Avoir une bonne maîtrise de ses dépenses. Ne pas vivre au-dessus de ses moyens.
  • Partager votre vie avec quelqu’un pour mutualiser certaines dépenses.
  • Augmenter la rémunération de son taux horaire. Chercher l’emploi le plus rémunérateur ou encore travailler moins pour gagner plus.
  • Investir
  • Ne pas claquer son héritage dans une Audi. Après tout ce qu’on a dit au dessus, un héritage en France c’est la seule chose qui peut tomber du ciel et qui peut vous sortir de la pauvreté si c’est bien utilisé. Malheureusement, la plupart du temps on parle d’héritage quand il y a un décès. Bien qu’il peut y avoir une donation du vivant de la personne. Mais si vous êtes le bénéficiaire d’un héritage, ne gâchez pas cette opportunité.
  • S’expatrier.
  • Quitter le salariat. Non pas que c’est pas bien d’être salarié mais être entrepreneur permet d’avoir une plus grande maîtrise sur la manière de dépenser ses revenus.
  • Avoir une connaissance (même succincte) des mécanismes fiscaux (niches fiscales).

Par où commencer son apprentissage ?

Il y a de nombreux sites qui traitent de ces sujets là mais si le sujet vous intéresse voici quelques autres articles de ce site à consulter.

Les bases

Les alternatives

Des livres à lire

En conclusion sur le piège de la pauvreté en France

En France, si vous gagnez moins de 1500 euros par mois il est très probable que vous ne vous enrichissiez jamais et que vous êtes pris dans un piège de la pauvreté. C’est en tout cas l’opinion que j’ai voulu vous partager ici. Et, encore une fois, je peux me tromper, ce n’est qu’une opinion. Si certaines personnes estiment pouvoir vivre correctement avec ce niveau de revenus et ne s’estiment pas pauvres, alors tant mieux. Mais n’oubliez pas que votre situation à l’instant T peut être acceptable, mais qu’en sera-t-il dans 10 ans ? Attention à l’inflation ! Pour ceux qui souhaitent en sortir, il va falloir redoubler d’efforts, mais à cœur vaillant rien d’impossible.

J’espère que vous avez trouvé cet article intéressant, et je souhaiterais vraiment savoir ce que vous en avez pensé. Pensez-vous qu’il existe un piège de la pauvreté ? Si oui, à quel montant ? Si vous pensez que cet article mérite d’être lu n’hésitez pas à le partager, j’y ai passé vraiment beaucoup de temps. Merci d’avance.

PS: et pour ceux que ça intéresse je vous conseille vraiment le livre d’Esther Duflo et Abhijit V. Banerjee « Repenser la pauvreté ».

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