Le freelancing : un ticket rapide vers la liberté ?

Je parle souvent du freelancing comme étant un moyen d’augmenter ses revenus et sa liberté. Cette semaine, j’ai demandé à Lise Slimane, fondatrice de la minute freelance de vous en dire plus. De quoi vous encourager à sauter le pas et devenir freelance ! 🚀Merci à Lise pour cet article 🙏 .

La minute freelance

Il semblerait que “Freelance” soit le BuzzWord du moment. Voguant d’une mission à l’autre, le travailleur indépendant semble libre des contraintes du salariat.

Et pourtant, derrière la promesse de liberté, de créativité et – parfois – d’une meilleure rémunération se cache une réalité parfois difficile.

Être à son compte, c’est choisir la voie de l’entrepreneuriat. Il faut maîtriser non seulement son métier, mais aussi la gestion administrative, le marketing et la vente de ses services. De plus, le freelance est seul face à ses problématiques.

Même si tout le monde pourrait devenir freelance (en se formant et en se jetant à l’eau), ce n’est pas souhaitable pour tous !

Voici un tour d’horizon pour savoir à quoi t’attendre si l’aventure freelance te tente !

Devenir freelance : pour qui et pour quoi ?

Le freelancing est, avant toute chose, un choix de vie.

Il arrive que certains professionnels s’installent à leur compte par nécessité (en période de chômage, par exemple) mais ces cas restent rares. ​90% des indépendants​ ont opté – volontairement – pour ce mode de travail !

Plusieurs raisons peuvent motiver le choix du freelancing :

Le freelancing pour devenir digital nomad

Travailler en ligne tout en voyageant, c’est le rêve de nombreux millenials. Certains passent à l’action en devenant​ digital nomad​.
Parmi cette population d’heureux voyageurs, tous ne sont pas freelances. Certains sont salariés en télétravail à 100%, d’autres sont entrepreneurs (E-commerce, startups, blogging…).

Dans la réalité, nombreux sont les nomades qui partent avec des économies, tentent d’accepter des petits jobs en ligne par-ci par-là, vivent chichement dans des auberges de jeunesses en Asie, puis reviennent lorsque le compte bancaire est à zéro.

Il n’y a rien de mal à ça, mais est-ce que le voyage est vraiment plaisant lorsqu’il est passé à survivre ?

Je te conseille de démarrer ton activité freelance avant ton départ, pour en étudier la viabilité à distance et sur le long terme. Cette expérience te permettra aussi de comprendre les rouages du freelancing en télétravail, avec un décalage horaire : tous les clients n’acceptent pas cela. Il faudra donc penser à une offre et à une cible adaptés à ce mode de vie alternatif.

Autre contrainte à prendre en compte : les destinations choisies devront être équipées de bonnes infrastructures, notamment d’un réseau internet fiable et stable. Fort heureusement, des communautés de nomades se sont développées partout, avec un confort de travail incroyable. C’est le cas de Canggu à Bali, ville qui concentre le plus de Digital Nomads au monde et où les espaces de coworking sont à chaque coin de rue.

Bien qu’il requiert un peu d’huile de coude au démarrage, le nomadisme digital est un pur bonheur pour les amoureux du voyage.

Choisir l’indépendance pour augmenter sa qualité de vie

On peut aussi choisir le freelancing pour :

  • aménager ses horaires et prendre de soin de ses proches;
  • augmenter sa rémunération (une réalité pour la plupart des métiers du numérique, du conseil ou de l’ingénierie);
  • réduire le temps passé dans les transports, en choisissant le télétravail partiel ou complet;
  • adapter ses heures de travail autour de ses loisirs, et pas l’inverse ! Après tout, tout le monde sait que les meilleures classes de Yoga ou de Fitness sont celles de 11h 😉

En tant que freelance, il est cependant facile de tomber dans le piège du travail infini – 24/7. Pour améliorer sa qualité de vie, il faut donc être très intentionnel dans son projet, se fixer un cadre (voire des horaires) et se refuser d’accepter des missions qui ne sont pas alignées avec son objectif.

La réalité est plus complexe : difficile de dire non à un client, surtout lorsqu’on ne sait pas quand le prochain contrat arrivera. Il est donc indispensable de se constituer une petite épargne pour se sécuriser et pour pouvoir se permettre de choisir ses clients.

Booster ses compétences avec le freelancing

Les salariés les plus talentueux ne sont pas toujours ceux récompensés par l’entreprise. De même, la fiche de poste est souvent imposée et rigide.Les politiques internes, le management en place et les relations entre collègues peuvent favoriser ou – au contraire – pénaliser l’apprentissage.

Choisir un job, c’est faire confiance à l’équipe en place. Lorsqu’on se trompe, le quotidien peut être frustrant et la progression faible.

Le freelancing, quant à lui, permet de choisir les tâches que l’on souhaite réaliser, et d’apprendre au quotidien pour se maintenir à niveau. À chaque instant, on peut réinventer sa carrière ou sa marque personnelle, tester des idées et développer des projets sans devoir demander l’autorisation – la boule au ventre – à son N+1.

La seule limite, c’est le marché ! Il faut proposer des prestations recherchées et utiles pour sa clientèle (mais il est toujours possible de changer de clients).

Générer un complément de revenu avec le freelancing
Générer un complément de revenu avec le freelancing

Générer un complément de revenu à côté d’un CDI

Freelancing et salariat ne s’opposent pas forcément. Certains indépendants proposent leurs services ponctuellement, pour ajouter un peu de beurre dans les épinards.

Cette technique peut aussi augmenter ta capacité d’investissement, et t’aider à atteindre ta liberté financière rapidement si tu comptes ​prendre ta retraite de bonne heure​ !


Dans ce cas, tu devras penser à un projet freelance compatible avec tes horaires de travail et avec ton contrat. Attention à ne pas faire concurrence à ton employeur actuel.

Créer son offre de services pour structurer son activité

De nombreux freelances font une erreur fatale : ils proposent une liste de services longue comme le bras, et s’adressent à “tout le monde”.

Ce n’est pas rassurant pour le client final, qui – au mieux – ne comprendra pas la valeur ajoutée des services proposés et – au pire – n’aura pas confiance dans un professionel trop dispersé.

Il va donc falloir choisir une niche ou une spécialité. Il peut s’agir d’une technique, d’un langage (pour les traducteurs ou développeurs), d’un problème à résoudre, d’une industrie ou encore d’une cible de clients très précise.

Cette étape peut prendre du temps : c’est normal. Choisir, c’est renoncer ! Du moins, c’est une impression.

Au final, une activité simple et spécialisée permet de gagner mieux en travaillant moins, grâce à :

  • un discours clair, dans lequel les clients identifient de suite la valeur ajoutée et les options de collaboration;
  • l’utilisation d’un jargon qui “parle” aux clients identifiés, et leur donne l’impression d’avoir été compris;
  • une idée précise des façons de trouver des clients, de démarcher et de communiquer;
  • la possibilité de sortir du lot (et de s’extraire des logiques concurrentielles) en étant reconnu comme un expert;
  • le développement d’une marque personnelle, au fil du temps, qui va justifier une augmentation tarifaire (un spécialiste coûte toujours plus cher qu’un généraliste).

Quant à l’offre, elle doit aussi être simple.

La plupart des freelances facturent un taux journalier moyen (appelé TJM). Tu peux calculer le tien ici​. Cette technique de paiement au temps passé est utilisée pour les métiers connus, avec des logiques de prix du marché.

Pour s’en extraire, il vaut mieux proposer des offres au forfait, avec un descriptif des services proposés. Deux ou trois au maximum, pour éviter de noyer d’informations les clients.

La recherche de clients : le nerf de la guerre en freelancing

Si tu te lances en freelance, la vente va faire partie de ton quotidien. Cela s’apprend, et on peut même être à l’aise et aimer les aspects commerciaux.

Il existe de​ nombreuses techniques pour trouver ses clients​. Pour résumer, voici les plus fréquentes :

  • répondre à des annonces publiées sur les sites pour l’emploi (qui disposent presque tous de filtres “contrat”, “freelance” et/ou “télétravail”);
  • s’inscrire sur les plateformes de mise en relation;
  • contacter les agences de son industrie pour être référencé en tant que sous-traitant;
  • prospecter à froid (e-mail, téléphone, présence physique à des événements);
  • communiquer en ligne pour attirer tes clients idéaux à toi.

Bien entendu, les méthodes les plus accessibles sont utilisées par un grand nombre de freelances. Cela fait baisser le prix de façon mécanique, puisqu’il y a plus d’indépendants disponibles (dont ceux prêts à accepter des tarifs plus bas).

C’est le jeu : quand on fait comme tout le monde, on a des résultats moyens. Par contre, le démarchage et la communication en ligne permettent de sortir du lot et de se sécuriser en créant sa place sur son marché.

C’est – à mon sens – la seule façon de créer une activité vraiment libre (dans laquelle on peut choisir ses clients et ses conditions).

Enfin, il ne faut pas hésiter à activer son réseau, notamment son premier cercle de connaissances (amis, famille, alumnis de ton université, anciens collègues et employeurs) pour signer des contrats ou obtenir des mises en relation.

Si personne ne peut t’aider : pas de panique. Un réseau, ça peut se construire seul et de toute pièce grâce à la magie d’internet (et du marketing digital).

Gérer l’incertitude avec sérénité en étant prévoyant

Je ne vais pas te mentir : si tu fais du freelancing ton activité principale, tu peux dire adieu à la certitude. Mais parfois, la liberté n’a pas de prix 😉

Le salariat, quant à lui, offre une sécurité de taille. Chaque mois, les détenteurs du fameux CDI – graal du monde professionnel – reçoivent une rémunération dont le montant est fixé à l’avance.

Cette régularité financière est sécurisante : elle permet de faire des projets personnels sur le long terme. Cette stabilité facilite notamment les emprunts bancaires à ​destination de projets immobiliers​.

Bien entendu, il est possible de devenir propriétaire ou investisseur avec une activité freelance à temps complet.

Il faudra néanmoins prouver la viabilité de son modèle économique (avec, en général, un bilan sur les 3 premières années) ou passer par un courtier qui écumera les banques à la recherche d’une solution.

L’incertitude peut aussi se manifester par une angoisse à l’idée de ne pas finir ses fins de mois. La seule solution – pour bien vivre son indépendance – est de se sécuriser avec :

– une épargne conséquente – pour pouvoir tenir au moins 6 mois sans revenus ;
– une protection sociale, une assurance RC pro et une prévoyance permettant d’être dédommagé en cas d’accident ;
– lorsque possible, une rupture conventionnelle pour bénéficier des assurances chômage le temps de trouver suffisamment de missions pour vivre du freelancing.

Cependant, la sérénité en freelance repose surtout sur une stratégie de vente et de communication qui permet de trouver des clients à la demande, plutôt que de devoir chasser les contrats – au risque d’en manquer.

Des inégalités dans le freelancing
Des inégalités dans le freelancing

Des inégales parmi les indépendants

En freelance, certaines professions sont mieux loties que d’autres. Il n’est pas rare de voir des développeurs web et ingénieurs facturer 500€/jour après 3 ans d’expérience, même sur des missions longues.

À côté, les community managers ou traducteurs auront des difficultés à dépasser la barre des 250€/jour en junior, et auront des missions plus ponctuelles.

Cependant, il n’y a pas de fatalité. Ce qui compte, c’est de choisir un métier passion (dans lequel on pourra s’investir des heures sans compter) et ensuite de trouver des moyens de monétiser son expertise.

Il est possible de bien vivre en freelance dans TOUTES les industries et tous les métiers. Pour cela, il faut être prêt à apprendre, à faire des efforts et à ne pas abandonner la première difficulté venue.

Enfin, il est indispensable de construire sa réputation en demandant des avis clients et – lorsque possible – en calculant les résultats ou le retour sur investissement pour chaque client. Cette preuve sociale sera un argument commercial très fort.

Se lancer à moindre risque avec l’auto-entreprise

L’auto-entreprise est idéale pour démarrer. La création est gratuite et rapide. Il en va de même pour la radiation de l’activité. Ce statut est compatible avec un emploi salarié – sauf mentions contraires dans son contrat de travail. Les cotisations sont plutôt faibles, et la comptabilité est un jeu d’enfant (ou presque).

Bref, c’est le combo gagner pour s’essayer à l’entrepreneuriat sans y laisser de plumes.

Pour autant, le risque zéro n’existe pas. De même, le bon moment n’arrivera jamais. La réussite n’est jamais garantie.

Ce qui est certain, c’est qu’il est possible de réussir en freelance : les entreprises ont besoin de main d’oeuvre, plus que jamais de façon flexible. Le marché existe. Mais là où ça se corse, c’est dans la recherche de SON marché à soi.

Pour cela, il faut identifier une niche, créer son offre, se faire connaître de sa cible et valider son idée par un achat. Cette phase de test peut prendre du temps. Lorsque possible, il vaut mieux se faire accompagner pour gagner en clarté rapidement, et pour savoir par où commencer.

Pour ​résumer​, ne devient pas freelance qui veut. Ce mode de travail demande une belle phase d’apprentissage, qui reste cependant accessible à tous. Si tu ressens l’appel du freelancing, je te conseille de te lancer.

Qu’as-tu vraiment à perdre ? Dans le pire des cas, tu retrouveras un job. Et dans le meilleur ? Tu auras créé un style de vie qui te correspond 😉

À propos de l’auteur :
Après 6 années de navigation dans l’économie freelance, Lise Slimane a fondé ​La Minute Freelance​, une école en ligne dédiée aux indépendants.
Son ​programme d’accompagnement​ aide les indépendants à créer leurs offres et à trouver leurs premiers clients.

En dehors de son métier-passion, Lise parcours le monde à la recherche des meilleurs studios de yoga, plages et espaces de coworking.

Crédits photos :
– Photo par Alexander Mils, Will Francis sur Unsplash
– Lise Slimane @ la minute freelance

Leave a Reply